La chronique
Il y a des séries qu’on suit d’un œil distrait, et d’autres qui vous happent au point de vouloir enchaîner tome sur tome. Revival appartient clairement à la seconde catégorie.
Après un premier tome prometteur, j’ai dévoré l’intégralité de cette saga en huit volumes, et le moment est venu d’en dresser le bilan complet. Mon avis sur Revival dans son ensemble ? Une excellente série, portée par un concept malin et des personnages remarquables, mais dont la conclusion précipitée laisse un léger goût d’inachevé.
Un concept qui tient ses promesses
À Wausau, petite ville du Wisconsin, les morts se remettent à marcher. Rien à voir, cependant, avec les hordes décérébrées habituelles : ici, les « revivers » sont intelligents, conscients, souvent plus troubles et plus dangereux que les zombies classiques. Ce parti pris original, qui faisait toute la promesse du premier tome, tient parfaitement la distance sur l’ensemble de la série. Seeley ne se repose jamais sur son idée de départ, il l’explore, la creuse, en tire des ramifications inattendues. Le pari est tenu, et c’est suffisamment rare pour être salué.
Des personnages qui portent tout
S’il fallait désigner le plus grand atout de Revival, ce serait sans hésiter ses personnages. Ils sont tous soigneusement travaillés, dotés d’une vraie épaisseur, et surtout, aucun n’est là pour faire de la figuration : chacun sert le récit, nourrit les intrigues, apporte sa pierre à l’édifice. Au tome 1, j’avouais ne pas encore accrocher à Dana Cypress. Sur la durée, cette réserve s’est envolée : je me suis attaché à cette galerie de figures cabossées, et c’est en grande partie grâce à elles que la série tient aussi bien en haleine. Les dessins de Mike Norton accompagnent le tout avec constance. Réalistes et soignés, ils restent un point fort d’un bout à l’autre des huit tomes.
« Des revenants qui ont autre chose à offrir que leur appétit. »
Une montée en puissance jubilatoire
Au fil de la lecture, la maîtrise du ton, des intrigues et du rythme ne se dément pas. La série sait entretenir son mystère, distiller ses révélations, faire cohabiter enquête, fantastique et tension sociale sans jamais perdre le lecteur. Mes tomes préférés, le 4 (Propagation) et le 7 (En avant !), incarnent ce que la saga fait de mieux : un ton juste, des intrigues qui s’emboîtent avec finesse et un rythme qui ne faiblit pas. Les enjeux montent, se complexifient, et l’envie de connaître le fin mot ne cesse de croître.
Une conclusion trop pressée
Et puis vient le tome 8. Là où le bât blesse. Après sept volumes de lente et savante montée, la conclusion arrive comme un train lancé à pleine vitesse. Tout se précipite. Les révélations s’enchaînent à la hâte, les réponses sont expédiées, et j’avoue être resté un peu perdu sur certains points de la résolution finale. J’étais confus, incapable de recoller tous les morceaux d’une intrigue qui, jusque-là, se déployait pourtant avec clarté. Ce tome 8, je l’ai noté 13,5/20, très en dessous du reste de la série, précisément à cause de cette fin trop abrupte qui ne rend pas justice à tout ce qui précède.
17/20 de moyenne sur l’ensemble des huit tomes. Malgré une conclusion qui déçoit par sa précipitation, Revival reste une excellente série, originale, intelligente et portée par des personnages inoubliables. Cet avis sur Revival la recommande chaudement à quiconque aime les récits fantastiques lents et psychologiques, les ambiances de petite ville américaine trouble à la Twin Peaks, et les revenants qui ont autre chose à offrir que leur appétit. Une belle saga, dont on pardonne les derniers pas maladroits au regard du chemin parcouru. Ne serait-ce que pour ce voyage, elle vaut largement le détour.