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Chronique N°41

Mon avis sur la série de comics Revival

Tim Seeley & Mike Norton · Saga complète, 8 tomes
Ma note 17 / 20
Couverture du comics Revival de Tim Seeley et Mike Norton

Des revenants intelligents dans une petite ville du Wisconsin : une saga originale et remarquablement peuplée, que seule sa conclusion précipitée empêche d’atteindre les sommets.

Fiche technique

Auteurs
Tim Seeley & Mike Norton
Éditeur
Delcourt
Parution
2013 – 2018
Pages
1160 (saga complète)
Genre
SF, polar, thriller
Ressenti
Original, trouble, prenant, bâclé sur la fin
“

On ne vit qu’une fois, non ? Enfin, en général.

Revival, tome 2 · Seeley & Norton
Résumé

Depuis que les morts reviennent à la vie dans cette petite ville du Wisconsin, apprendre à cohabiter n’a pas été chose aisée. Surtout pour l’officier de police Dana Cypress, en proie aux médias, fanatiques religieux et agences gouvernementales.

Mais lorsqu’un crime des plus violents est commis, trouver le coupable s’avère particulièrement délicat. Tout le monde est suspect, vivants comme morts-vivants…

Quatrième de couverture du tome 1

La chronique

Il y a des séries qu’on suit d’un œil distrait, et d’autres qui vous happent au point de vouloir enchaîner tome sur tome. Revival appartient clairement à la seconde catégorie.

Après un premier tome prometteur, j’ai dévoré l’intégralité de cette saga en huit volumes, et le moment est venu d’en dresser le bilan complet. Mon avis sur Revival dans son ensemble ? Une excellente série, portée par un concept malin et des personnages remarquables, mais dont la conclusion précipitée laisse un léger goût d’inachevé.

Un concept qui tient ses promesses

À Wausau, petite ville du Wisconsin, les morts se remettent à marcher. Rien à voir, cependant, avec les hordes décérébrées habituelles : ici, les « revivers » sont intelligents, conscients, souvent plus troubles et plus dangereux que les zombies classiques. Ce parti pris original, qui faisait toute la promesse du premier tome, tient parfaitement la distance sur l’ensemble de la série. Seeley ne se repose jamais sur son idée de départ, il l’explore, la creuse, en tire des ramifications inattendues. Le pari est tenu, et c’est suffisamment rare pour être salué.

Des personnages qui portent tout

S’il fallait désigner le plus grand atout de Revival, ce serait sans hésiter ses personnages. Ils sont tous soigneusement travaillés, dotés d’une vraie épaisseur, et surtout, aucun n’est là pour faire de la figuration : chacun sert le récit, nourrit les intrigues, apporte sa pierre à l’édifice. Au tome 1, j’avouais ne pas encore accrocher à Dana Cypress. Sur la durée, cette réserve s’est envolée : je me suis attaché à cette galerie de figures cabossées, et c’est en grande partie grâce à elles que la série tient aussi bien en haleine. Les dessins de Mike Norton accompagnent le tout avec constance. Réalistes et soignés, ils restent un point fort d’un bout à l’autre des huit tomes.

« Des revenants qui ont autre chose à offrir que leur appétit. »

Une montée en puissance jubilatoire

Au fil de la lecture, la maîtrise du ton, des intrigues et du rythme ne se dément pas. La série sait entretenir son mystère, distiller ses révélations, faire cohabiter enquête, fantastique et tension sociale sans jamais perdre le lecteur. Mes tomes préférés, le 4 (Propagation) et le 7 (En avant !), incarnent ce que la saga fait de mieux : un ton juste, des intrigues qui s’emboîtent avec finesse et un rythme qui ne faiblit pas. Les enjeux montent, se complexifient, et l’envie de connaître le fin mot ne cesse de croître.

Une conclusion trop pressée

Et puis vient le tome 8. Là où le bât blesse. Après sept volumes de lente et savante montée, la conclusion arrive comme un train lancé à pleine vitesse. Tout se précipite. Les révélations s’enchaînent à la hâte, les réponses sont expédiées, et j’avoue être resté un peu perdu sur certains points de la résolution finale. J’étais confus, incapable de recoller tous les morceaux d’une intrigue qui, jusque-là, se déployait pourtant avec clarté. Ce tome 8, je l’ai noté 13,5/20, très en dessous du reste de la série, précisément à cause de cette fin trop abrupte qui ne rend pas justice à tout ce qui précède.

17/20 de moyenne sur l’ensemble des huit tomes. Malgré une conclusion qui déçoit par sa précipitation, Revival reste une excellente série, originale, intelligente et portée par des personnages inoubliables. Cet avis sur Revival la recommande chaudement à quiconque aime les récits fantastiques lents et psychologiques, les ambiances de petite ville américaine trouble à la Twin Peaks, et les revenants qui ont autre chose à offrir que leur appétit. Une belle saga, dont on pardonne les derniers pas maladroits au regard du chemin parcouru. Ne serait-ce que pour ce voyage, elle vaut largement le détour.

L'essentiel

Les plus & les moins

La balance d’une saga qui trébuche sur sa dernière marche

  • Des revenants conscients et troubles

    Loin des hordes décérébrées, ils pensent, mentent et se révèlent bien plus dangereux.

  • Un casting sans figuration

    Chaque personnage nourrit le récit ; aucun n’occupe la page pour rien.

  • Un concept creusé sur huit tomes

    Seeley ne se repose jamais sur son idée de départ et en tire des ramifications inattendues.

  • Un mélange des genres réussi

    Enquête, fantastique et tension sociale cohabitent sans jamais perdre le lecteur.

  • Un dessin d’une constance rare

    Le trait réaliste de Norton reste soigné du premier au dernier volume.

  • Un tome 8 en roue libre

    13,5/20 pour un final expédié, très en dessous du niveau des sept précédents.

  • Une résolution confuse

    Impossible de recoller certains morceaux, là où l’intrigue était limpide jusque-là.

  • Une Dana qui met du temps à s’imposer

    L’héroïne ne m’avait pas convaincu au tome 1 ; il aura fallu la durée pour m’y attacher.

Le verdict
17/20

Une saga originale et intelligente, dont on pardonne les derniers pas maladroits au regard du chemin parcouru.

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Je lis principalement des thrillers, polars, suspenses, thrillers domestiques, bandes dessinées, mangas et romans contemporains à forte tension narrative ou émotionnelle. Je serais ravi de vous lire.

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Publié le 6 septembre 2026