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Chronique N°05

La dernière allumette

Marie Vareille
Ma note 20 / 20
Couverture du livre La dernière allumette de Marie Vareille

Un roman bouleversant, d’une justesse rare, qui parle de mémoire, d’emprise et de survie sans jamais forcer l’émotion.

Fiche technique

Auteur
Marie Vareille
Éditeur
Le Livre de Poche
Parution
2025
Pages
336
Genre
Contemporain
Ressenti
Bouleversant, juste, douloureux, inoubliable

La pente de la violence ne se prend que dans une direction : vers le pire.

La dernière allumette · Marie Vareille
Quatrième de couverture

Depuis plus de vingt ans, Abigaëlle vit recluse dans un couvent en Bourgogne. Sa vie d’avant ? Elle l’a en grande partie oubliée.

Elle est même incapable de se rappeler l’événement qui a fait basculer sa destinée et l’a poussée à se retirer du monde.

De loin, elle observe la vie parisienne de Gabriel, son grand frère, dont la brillante carrière d’artiste et l’imaginaire rempli de poésie sont encensés par la critique.

Mais le jour où il rencontre la lumineuse Zoé et tombe sous son charme, Abigaëlle ne peut s’empêcher de trembler, car elle seule connaît vraiment son frère…

La chronique

Les meilleures découvertes sont parfois celles faites par hasard. Marie Vareille, je ne la connaissais ni d'Ève ni d'Adam, c'est une constellation d'avis unanimes croisés sur Livraddict qui a fini par me convaincre d'ouvrir La dernière allumette.

Quand tout le monde dit la même chose, il arrive que tout le monde ait raison.

On suit Abigaëlle, recluse depuis plus de vingt ans dans un couvent bourguignon, incapable de se souvenir de l'événement qui a fracturé sa vie et l'a poussée à se retirer du monde. De loin, elle observe la brillante existence parisienne de Gabriel, son grand frère, un artiste encensé par les critique. Jusqu'au jour où Gabriel rencontre Zoé. Et quelque chose en Abigaëlle se met à trembler.

Vareille construit son récit sur une alternance de points de vue et d'époques qui fonctionne remarquablement bien. Les retours dans le passé (quand Abigaëlle est encore enfant) sont d'une tristesse absolue, mais parfois traversés d'éclairs de drôlerie inattendue.

« Assister au dysfonctionnement familial à travers les yeux d’une gamine, c’est une expérience de lecture qui laisse des traces. »

C'est un équilibre difficile à tenir, et l'autrice le tient. Assister au dysfonctionnement familial à travers les yeux d'une gamine, c'est une expérience de lecture qui laisse des traces.

Le roman aborde avec une rare finesse les thèmes de la violence conjugale et des mécanismes de l'emprise. Ni démonstratif ni complaisant, Vareille avance avec une intransigeance douce, si l'on peut dire, qui dit les choses sans jamais les exhiber.

C’est précisément cette retenue qui rend les passages les plus forts insupportablement efficaces. On a la boule au ventre, on pleure, on ressent une colère sourde. Mais pour moi, c’est avant tout une tristesse profonde qui domine.

Les twists, eux, arrivent là où on ne les attendait pas et c’est tout son mérite. La dernière allumette ne ressemble pas a priori au genre de roman qui vous retourne. On baisse la garde. Et on se fait avoir, complètement, comme un lecteur à sa première rencontre avec le genre. Sauf que ce n’est pas un thriller. C’est ça, la vraie performance.

La fin est parfaite. Bouleversante, juste, pleine d’une émotion qui ne cherche pas à forcer les larmes mais les obtient quand même. Le genre de conclusion qui fait rester immobile quelques minutes, le livre fermé dans les mains, sans savoir quoi faire de ce qu’on vient de traverser.

20/20. Et une autrice à ne plus jamais ignorer. Merci Marie.

Une dernière chose

Ce roman parle de violence et d’emprise avec une justesse qui peut résonner différemment selon les expériences de chacun. Si vous traversez ou avez traversé une situation similaire, vous n’êtes pas seul(e).

L'essentiel

Les plus & les moins

La balance d’une lecture en quelques points

  • Une émotion d’une rare justesse

    Le roman bouleverse sans jamais forcer les larmes. Tout sonne juste.

  • Une alternance très maîtrisée

    Les points de vue et les époques se répondent avec fluidité et donnent de la profondeur au récit.

  • Un regard fort sur l’emprise

    Marie Vareille aborde la violence conjugale avec finesse, retenue et une vraie puissance littéraire.

  • Des twists inattendus

    Le roman n’a pas l’allure d’un thriller, mais il sait surprendre avec une efficacité redoutable.

  • Une fin parfaite

    Une conclusion bouleversante, juste, et profondément marquante.

  • Aucune vraie réserve

    Une lecture pleine, forte, cohérente, avec une émotion qui reste longtemps après la dernière page.

Le verdict
20/20

Un roman bouleversant, juste et inoubliable.

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Je lis principalement des thrillers, polars, suspenses et romans contemporains à forte tension narrative. Je serais ravi de vous lire.

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Publié le 03 juin 2026