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Chronique N°24

Derrière la haine

Barbara Abel
Ma note 13 / 20
Couverture du livre Derrière la haine de Barbara Abel

Une mécanique de l’effondrement redoutablement menée et une fin qui surprend, mais des personnages trop appuyés pour convaincre pleinement.

Fiche technique

Autrice
Barbara Abel
Éditeur
Pocket
Parution
2012
Pages
344
Genre
Thriller domestique, drame
Ressenti
Fluide, tendu, caricatural, mitigé

L’amitié est une force dont nul ne peut prétendre pouvoir se passer. On a besoin d’amis, comme on a besoin de manger, de boire ou de dormir. L’amitié, c’est un peu la nourriture de l’âme : elle ravitaille le cœur, elle sustente l’esprit, elle nous comble de joie, d’espoir et de paix. Elle est la richesse d’une vie. Et le gage d’une certaine idée du bonheur.

Derrière la haine · Barbara Abel
Résumé

D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain ; de l’autre, il y a Laetitia et David. Deux couples voisins et amis, ayant chacun un enfant du même âge.

Deux couples fusionnels et solidaires qui vivent côte à côte dans une harmonie parfaite. Jusqu’au jour du drame.

Un tragique accident fait voler en éclats leur entente idyllique, et la cloison qui sépare leurs maisons tout comme la haie qui sépare leurs jardins ne seront pas de trop pour les protéger les uns des autres.

Désormais, les seuls convives invités à la table des anciens amis s’appellent Culpabilité, Suspicion, Paranoïa et Haine…

La chronique

Barbara Abel et moi, c’est une relation en dents de scie. Duelle et Je sais pas m’avaient conquis, quand L’Innocence des bourreaux m’avait laissé nettement plus tiède.

Avec Derrière la haine, souvent cité comme l’un de ses sommets et comme une référence du thriller domestique, j’espérais renouer avec la première catégorie. Le verdict penche, hélas, du côté de la seconde. Chez cette autrice, ce qui fait la différence pour moi ne tient ni au style (toujours simple mais redoutablement efficace) ni à l’ambiance, mais à l’intrigue, les personnages et à la fin. Et c’est précisément là que ce roman coince.

Commençons par le vrai plaisir de cette lecture : la mécanique de l’effondrement. Voir petit à petit s’accumuler les événements qui poussent ces deux couples à se détester est passionnant. Abel excelle à orchestrer cette lente dégradation, ce glissement de l’amitié vers la haine, et c’est indéniablement le point fort du roman.

« Abel excelle à orchestrer cette lente dégradation, ce glissement de l’amitié vers la haine. »

Le fait qu’on bascule rapidement dans la noirceur n’est pas un défaut, au contraire : ça donne au récit une intensité immédiate qui happe le lecteur. Le rythme est bon, la plume fluide, les chapitres courts font défiler les pages sans qu’on s’en aperçoive.

Et la fin, justement, tient ses promesses. Je ne l’avais pas vue venir, et elle m’a vraiment plu, un dénouement haletant qui justifie une bonne partie du chemin parcouru. Sur ce point, Abel réussit son coup.

Mais le reste manque cruellement de finesse. C’est là que mon avis diverge de l’enthousiasme quasi unanime réservé au roman. Les réactions individuelles des personnages sonnent souvent faux : ils en font trop, poussent le curseur trop loin, au point de fragiliser la crédibilité de l’ensemble. On sent la ficelle, la volonté de forcer le trait pour intensifier le conflit, là où une psychologie plus subtile aurait rendu le tout autrement plus percutant. J’aurais aimé davantage de nuance, de zones d’ombre, de complexité dans la manière dont ces gens ordinaires deviennent capables du pire.

Côté personnages, seul David m’a vraiment convaincu ; le seul à sembler garder les pieds sur terre, même si, drames aidant, l’exercice n’est simple pour personne. Les trois autres restent trop caricaturaux pour susciter un véritable attachement.

13/20. Un thriller domestique efficace dans sa mécanique et couronné par une belle fin, mais qui pèche par un manque de finesse psychologique et des personnages trop appuyés. Là où beaucoup de lecteurs ont crié au coup de cœur, je reste sur ma faim.

L'essentiel

Les plus & les moins

La balance d’un huis clos de voisinage qui manque de nuance

  • Une mécanique de l’effondrement passionnante

    Le glissement de l’amitié vers la haine est orchestré avec une vraie maîtrise.

  • Une fin qui surprend

    Un dénouement haletant que je n’avais pas vu venir.

  • Une noirceur immédiate

    La bascule rapide dans le sombre donne au récit une intensité qui happe.

  • Une plume simple et efficace

    Chapitres courts et rythme soutenu : les pages défilent sans effort.

  • Un manque de finesse psychologique

    Les réactions sonnent faux à force de pousser le curseur trop loin.

  • Des personnages caricaturaux

    Seul David garde les pieds sur terre ; les trois autres peinent à convaincre.

  • Une crédibilité fragilisée

    On sent la ficelle derrière la volonté d’intensifier le conflit à tout prix.

Le verdict
13/20

Un thriller domestique efficace et bien conclu, mais dont les personnages trop appuyés fragilisent la crédibilité de l’ensemble.

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Je lis principalement des thrillers, polars, suspenses, thrillers domestiques, bandes dessinées, mangas et romans contemporains à forte tension narrative ou émotionnelle. Je serais ravi de vous lire.

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Publié le 5 août 2026